Les techniques de fraude courantes : comment s’en prémunir ?
Le monde entrepreneurial n’est pas épargné par les tentatives de fraudes. Certaines sont d’ordre purement administratif, d’autres plus commerciales. Pour vous donner un panorama plus concret, voici quelques exemples courants :
- La factice immatriculation : une entreprise déclare un faux siège social ou fournit de faux justificatifs pour être inscrite rapidement et tenter de récupérer des aides ou d’effectuer des abus (ex. escroquerie à la TVA).
- Le faux Kbis : un document falsifié circule, souvent sur internet, pour faire croire qu’une structure est dûment immatriculée, alors que son véritable numéro de SIREN renvoie à une entité différente.
- Le faux représentant légal : des individus usurpent l’identité d’un dirigeant, utilisent ses informations pour signer des contrats et détourner des fonds, en particulier chez les clients peu vigilants qui ne croisent pas les informations.
- La fourniture suspecte : vous recevez une facture d’un soi-disant fournisseur dont vous n’avez jamais entendu parler, qui prétend être enregistré. En vérifiant l’INSEE et le RNE, vous découvrez qu’il n’existe pas, ou que les coordonnées ne correspondent pas.
Dans chacun de ces scénarios, le premier réflexe à adopter reste la vérification croisée : d’une part, consulter la base INSEE pour relever le numéro SIREN, la raison sociale et le statut de l’entité ; d’autre part, éplucher l’extrait Kbis (ou RCS, selon le cas) afin de confirmer que ce SIREN correspond bien à une entreprise réellement immatriculée au RNE, avec un dirigeant cohérent et une adresse qui matchent les informations fournies.
Comment consulter les données de l’INSEE ?
Pour vérifier l’existence et la légitimité d’une entreprise, vous pouvez vous rendre sur la plateforme officielle de l’INSEE. Il ne s’agit pas de fournir un lien direct ici, mais sachez que le site de l’INSEE met à disposition des moteurs de recherche permettant de retrouver des informations administratives sur les entreprises grâce à leur numéro SIREN ou SIRET. On y trouve :
- Le statut de l’entreprise : active, radiée, en cours de liquidation, etc.
- La dénomination ou raison sociale.
- Le code APE (ou NAF) correspondant à l’activité exercée.
- La date de création ou de modification.
- L’adresse du siège social.
Ces données, issues du répertoire SIRENE tenu par l’INSEE, sont régulièrement mises à jour, ce qui vous permet de déceler tout écart entre la fiche officielle et celle que vous fournit un interlocuteur suspect. Par exemple, si ce dernier insiste pour vous donner une raison sociale différente, ou s’il mentionne un transfert de siège récent qui n’apparaît nulle part, mieux vaut rester prudent. Il pourrait s’agir d’une manœuvre pour dissimuler la véritable identité de la société.
Comment consulter les données du RNE ?
Le RNE héberge, via le Registre du Commerce et des Sociétés, les informations légales qui donnent la pleine dimension du statut d’une entreprise. Parmi ces informations, on peut citer :
L’identité complète du dirigeant (ou des dirigeants), les dates de nomination, la forme juridique exacte (SARL, SAS, SA, micro-entreprise, etc.), le montant du capital social, l’adresse exacte du siège social et toutes les éventuelles modifications statutaires effectuées au cours de la vie de la société. Le RNE enregistre les formalités d’immatriculation, de modification et de radiation auprès des greffes. Le document reflétant cela est souvent le Kbis, qui fait foi dans toutes les relations commerciales.
Pour obtenir une preuve d’immatriculation, on demande un extrait Kbis. Dans un scénario de prévention des fraudes, la comparaison avec les informations de l’INSEE se fait en quelques minutes : vous vérifiez que le numéro SIREN/SIRET est identique, que la dénomination correspond et que l’activité mentionnée est bien la même. S’il existe un écart sensible, c’est un signal d’alarme. Évidemment, certains arnaqueurs vont jusqu’à falsifier un Kbis ou à utiliser un document devenu obsolète. C’est pourquoi il est idéal d’obtenir un Kbis à jour (idéalement de moins de trois mois) pour être sûr que les infos soient fiables.